• Comment est née l’association contre la violence à Saint-Denis / Plaine Commune ?

    L'association contre la violence est née d'abord d'un collectif sans parti pris politique et racial. Un jour, de novembre 2003, à 19h à Saint Denis, Natacha Fellous a été victime d'un vol à la portière. Vitre passager brisée en mille éclats se répandant avec force à l'intérieur du véhicule et dans les cris de terreur, un bras ganté qui attrape furtivement son sac à main posé à même le sol. Pendant ce temps, cette nouvelle victime ne savait pas que d'autres subissaient le même jour, une agression plus ou moins violente mais de toutes les façons, une agression. En effet, la réalité, à Saint-Denis, Plaine Commune va bien au delà de l'imaginable, et ne peux être simplifiée et synthétisée par une série de statistiques. Des personnes âgées, frappées sans aucune retenue pour un porte monnaie à peine rempli, des gamins de 13 ans rackettés et terrorisés, des femmes pour la plupart agressées deux fois, voire trois, pour un sac dont le contenu ne méritait pas évidemment le traumatisme laissé. ….bref, une situation inacceptable dans une ville où ces citoyens ont choisi d'habiter parce qu'il fait aussi bon y vivre. Très rapidement, l'idée du collectif a suscité de très nombreux appels et réactions des Dionysiens et de personnes résidant en dehors de la ville. Le collectif en deux semaines à réunit plus de 350 signatures et s'est structuré en association (lien sur les statuts) pour dénoncer la violence à Saint Denis. Affirmer haut et fort que cette violence est inacceptable.
  • Articles récents

  • Accueil
  • > Recherche : associations contre violence

Résultats de votre recherche

Les derniers articles de presse

Posté par sboucherrougui le 3 août 2010

Depuis sa création en 2004, l’Association Contre la Violence à Saint-Denis / Plaine Commune est régulièrement interviewée sur les problématiques de sécurité publique sur la ville par la presse française et étrangère.

Quelques articles du Parisien

Un coup de couteau pour un téléphone

SAINT-DENIS

Marie-Pierre Bologna | 27.03.2010, 07h00

Mercredi soir, une femme a été sérieusement blessée d’un coup de couteau au flanc gauche dans le quartier de la gare à Saint-Denis, un secteur miné par le trafic de drogue depuis deux ans. Elle marchait sur le parvis en direction de la gare RER D lorsqu’elle a été agressée par un homme qui lui a dérobé son téléphone portable.

Elle a réussi à se réfugier dans la gare, où elle a été prise en charge par le Samu 93, avant d’être transportée à l’hôpital Bichat, à Paris, où elle se trouvait toujours hier. Ses jours ne sont pas en danger, mais elle n’avait pas encore pu être entendue par les policiers. Pour l’association Saint-Denis contre la violence, cette nouvelle agression illustre « l’augmentation du nombre de faits de violence sur la ville ». Le 13 avril, l’association rencontrera, avec Saint-Denis Environnement et l’amicale des locataires Vivre mieux, Christian Lambert, le directeur de cabinet du préfet de police de Paris, pour réclamer plus d’effectifs de police et la création de deux unités territoriales de quartier (Uteq) dans le centre-ville-gare et à Floréal-Saussaie-Courtilles.

+ 8 % de vols avec violence

Marie-Pierre Bologna | 14.12.2009, 07h00

La délinquance augmente à Saint-Denis. Samedi, lors de la réunion du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) en mairie, les premières estimations policières délivrées ne sont pas encourageantes. Depuis le début de l’année, on a enregistré une hausse de 1 % des faits constatés.

Soit un total de 15 000 actes de vols, violence, etc. commis sur la commune entre le 1er janvier et la fin novembre.
Parmi les chiffres qui inquiètent les habitants réunis sur le parvis de l’hôtel de ville, samedi matin, les vols avec violence, à eux seuls, ont progressé à Saint-Denis de 8 %. « Le maire campe sur ses positions idéologiques contre la vidéosurveillance sur la voie publique. Ce n’est pas la seule solution à envisager mais la refuser par principe, c’est une posture irresponsable », s’emporte
Senia Boucherrougui, responsable de l’Association contre la violence qui réunit 200 membres.
« Je pars, je déménage, je change de ville »

« Les médiateurs de nuit, le seul engagement que la municipalité ait consenti à prendre, ne sont toujours pas en place », se plaint encore
Senia Boucherrougui. Autant de griefs contre le maire PC largement partagés par le groupe de Dionysiens rassemblés samedi matin. « Je pars. Je déménage. Je change de ville ! » lâche une femme qui habite le centre-ville depuis vingt ans. Quand elle rentre chez elle, elle dit recevoir des bordées d’insultes si, par malheur, il lui arrive de demander à un homme d’aller uriner ailleurs. Récemment, elle est tombée sur deux hommes qui s’échangeaient de la drogue. « Je suis passée au milieu d’eux sans les regarder, j’ai vraiment pris peur. »
Depuis la grosse opération policière cet automne dans le quartier de la gare, qui était devenu le supermarché du crack, le trafic a en effet essaimé un peu partout dans les rues du centre-ville. Lors du CLSPD, samedi matin, il a été rappelé que le commissariat de Saint-Denis compte 320
fonctionnaires. Les patrouilles, l’ouverture du poste de police et la cellule de veille seront maintenues dans le quartier de la gare. Dans les autres quartiers, des groupes de traitement local de la violence seront mis en place.
Concernant les caméras, la ville se défend. « Rien ne prouve que la vidéosurveillance soit une solution, insiste-t-on au cabinet du maire. Il n’y a aucune position idéologique de notre part. C’est au contraire pragmatique : 36 caméras en centre-ville visionnées 24 heures sur 24, c’est un million d’euros par an du budget ! » plaide-t-on. « Et chaque fois que l’Etat a décidé de l’implantation de caméras pour faciliter le travail de la police à l’hôtel de ville et à l’entrée de la gare , le maire a accepté. »

Le Parisien

La délinquance amorce une baisse sensible

C.S. | 26.06.2008

ON SAVAIT la Seine-Saint-Denis très criminogène, avec en tête le district de Saint-Denis, mais le constat chiffré publié mardi dans « le Figaro » a fait bondir plus d’un habitant et d’un élu. Au bilan du « palmarès de la violence », les sept premières villes « les moins sûres de France » sont dans le 93… Le constat portait uniquement sur les vols avec violence et coups et blessures volontaires en 2007. Or, selon les derniers chiffres du premier semestre 2008 communiqués par la préfecture de Seine-Saint-Denis, on assiste à une baisse « encourageante » de la délinquance sur le département, à l’exception très notable des braquages (voir encadré). Les vols avec violence, justement, sont en baisse de plus de 14 % sur le département au premier semestre. La délinquance générale a décru de plus de 5 %, et le taux d’affaires élucidées dépasse 30 %, près d’une affaire sur trois. Le nombre de mineurs impliqués, toujours regardé de très près par les autorités, baisse aussi un peu.

« Il faut rester humble sur les évolutions de tendance »

Il est à noter que depuis 2005 le département compte davantage de policiers (environ + 500), notamment après le constat alarmant de l’ancien préfet, Jean-François Cordet. Depuis 2006 plusieurs services ont été créés, comme la Brav (brigade de répression des agressions violentes), ou renforcés (la brigade anticriminalité départementale, le service d’ordre public…)

« L’engagement des policiers pour occuper la voie publique est important, commente Loïc Le Couplier, délégué départemental du syndicat de gardiens de la paix Alliance. Même si le nombre de faits reste très élevé, la baisse est significative, surtout celle de la délinquance de voie publique, qui reste la plaie de ce département. Elle pourrait être encore accrue si on recentrait l’activité des policiers sur ce secteur. La lutte contre l’immigration clandestine, contre les délits routiers, la sécurisation de visites ministérielles, font que les policiers ne peuvent pas être partout à la fois. »

Pas de quoi crier victoire, en effet, puisque les chiffres restent notables : plus de 67 000 faits de délinquance générale recensés depuis le 1 e r janvier, soit une moyenne de 400 faits par jour tout de même sur un département de plus de 1,4 million d’habitants. Et sur le terrain, le ressenti est parfois à l’opposé des chiffres. « On ne perçoit pas cette baisse, au contraire, estime Sénia Boucherrougui, de l’Association contre la violence à Saint-Denis, créée il y a quatre ans. On connaît des gens qui ne vont même plus déposer plainte. Les homicides et les rixes sont aussi très inquiétants. » « Il faut toujours rester très humble sur les évolutions de tendance », note un commissaire.
Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique SEINE SAINT DENIS

Rassemblement pour la pharmacienne tuée

10.11.2007

SAINT-DENIS, HIER SOIR. Une centaine de personnes se sont rassemblées devant l’ancienne mairie de Saint-Denis afin de rendre hommage à Luong Phong, la femme de 56 ans décédée lundi des suites de ses blessures lors d’un vol à l’arraché commis la veille, rue de la République. Réunis à l’appel de l’association Contre la violence à Saint-Denis – Plaine Commune, les manifestants ont déployé une banderole et déposé une gerbe de fleurs en mémoire de la victime. De nombreux élus avaient également fait le déplacement, dont Didier Paillard, le maire (PCF) de la ville. « Nous dénonçons la gravité des violences depuis des années », a expliqué Sénia Boucherrougui, porte-parole de l’association. « Une nouvelle étape a été franchie, puisque cette fois une personne est morte. » Alors que la police recherche toujours des témoignages permettant d’identifier les agresseurs de Luong Phong, l’association a demandé que tout soit mis en oeuvre pour les trouver. « Nous demandons aux pouvoirs publics – ministre de l’Intérieur, préfet, maire de Saint-Denis – de prendre toutes les dispositions pour assurer notre sécurité », a ajouté Sénia Boucherrigui. Censé être silencieux, le rassemblement a rapidement éclaté en plusieurs débats plus ou moins virulents sur la sécurité à Saint-Denis. Période de prémunicipales oblige, les discussions n’étaient pas exemptes d’arrière-pensées politiques. « Aujourd’hui, je suis là comme un citoyen », estime Paul, Dionysien depuis vingt-sept ans. « Demain, je viendrais en tant que militant », lors du rassemblement organisé par l’UMP (à midi devant la mairie).

Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique SEINE SAINT DENIS

Michèle Alliot-Marie à l’écoute du terrain

L’événement

Carole Sterlé et Gwenael Bourdon | 20.07.2007

LA SEINE-SAINT-DENIS, Michèle Alliot-Marie s’y intéresse de près. Difficile pour un ministre de l’Intérieur de rester les bras croisés lorsque sort un rapport accablant sur les relations de confiance entre la population et la police. MAM a beau affirmer que le 93 ne servira pas de terrain expérimental, c’est là que se tiendra la première « conférence de cohésion » à l’automne. Après Clichy-Montfermeil le 2 juillet, Saint-Denis accueillait hier une « réunion de cohésion », avec des représentants d’associations, des policiers, des élus… pour écouter et chercher des pistes d’amélioration. « Il n’y a pas de solution toute faite » « Je ne suis pas là pour jouer au ministre qui sait tout, il n’y a pas de solution toute faite », lance Michèle Alliot-Marie à une assemblée triée sur le volet. Avant cela, elle a rencontré à huis clos policiers et pompiers. Elle s’est même offert un petit détour par la place du Caquet en centre-ville et a pris la pose avec quelques habitants, tandis que l’adjoint au maire (PCF) Stéphane Peu était chargé de prendre les photos avec les téléphones portables des habitants. « Je veux être à l’écoute du vécu, de l’expérience, des actions menées sur le terrain », assure la ministre, n’hésitant pas toutefois à recadrer le débat. « Nous ne sommes pas là pour régler les problèmes syndicaux », lance-t-elle sèchement à un représentant de l’Unsa-Police qui déplore l’insuffisance des moyens. « Si on sortait certains fonctionnaires de derrière leurs bureaux, on réglerait aussi le problème », ajoute-t-elle. Le micro circule et, les uns après les autres, ils expriment leurs attentes. Plus de subventions pour l’association Voix d’elles rebelles qui assiste 500 personnes par an et lutte contre la violence, l’attente de caméras de vidéosurveillance, le manque de policiers municipaux… « Depuis trois ans, on vit les agressions au quotidien. Au bout d’un moment, la population a perdu confiance », estime Sénia Boucherrougui, de l’Association contre la violence. « La cohésion sociale sera renforcée si nous parvenons à faire revenir des médecins libéraux dans le 93, estime Nicolas Fouque, de la direction de l’hôpital Delafontaine. Et si nous ne restons pas les seuls présents jour et nuit sur le territoire. » Cette visite laisse un sentiment mitigé à l’adjoint au maire : « Elle est restée plus de quatre heures, c’est une vraie immersion, reconnaît Stéphane Peu. Mais Saint-Denis, pour un ministre de l’Intérieur, c’est quasiment un passage obligé. Avant Alliot-Marie, nous avons vu passer Sarkozy, Villepin… Sans obtenir de réponses sur le manque de moyens, la disparition de la police de proximité. » Les propositions viendront peut-être à l’automne. La ministre reviendra, avec « des collègues » a-t-elle assuré, « parce que, seul, le ministre de l’Intérieur ne peut pas tout ».

Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Seine Saint Denis

Saint-Denis

« Pas un jour sans qu’on nous parle d’une nouvelle agression »

C.S. | 13.06.2005

IL FALLAIT ÊTRE SOURD et aveugle pour ne pas saisir les propos des marcheurs qui se sont frayé un chemin, samedi, dans la cohue de la rue de la République, à Saint-Denis. Ecrit noir sur blanc sur une grande banderole et bruyamment martelé jusqu’aux portes de la mairie, le slogan était sans équivoque : « Stop à toutes les violences, agir c’est le dire ! » Depuis deux ans déjà, la question mobilise, mais jamais encore pareille marche n’avait été organisée. Un rassemblement unitaire à l’appel d’une dizaine d’associations locales, qui oeuvrent auprès des riverains, des femmes, des jeunes, des commerçants ou des sans-papiers et se rejoignent sur un même constat : la violence enfle et pourrit le quotidien de tous. Samedi, 150 personnes ont voulu, d’une même voix et en plein centre-ville, « casser la loi du silence » et réclamer l’action de l’Etat et de la mairie. « On sent bien que ce sujet laisse indifférents pas mal de gens… », constate un père de famille en fin de cortège. Les passants prennent le tract, jettent un oeil aux banderoles, mais la plupart poursuivent leur route. « Moi, je trouve plutôt qu’il y a trop de flics, estime un jeune homme à la porte d’un café. Avec tous les cars de CRS, on se croirait à Bagdad ! » Un ballon blanc dans une main, une pile de tracts dans l’autre, Marie-Hélène, de l’Association contre la violence, explique pourtant que les exemples sont quotidiens. « Il n’y a pas un jour sans qu’on nous parle d’une nouvelle agression. Dans le centre commercial, on a l’impression que, passé 19 heures, il y a un couvre-feu. Ce qui est terrible, c’est que la violence est si fréquente que les gens l’ont intégrée au point de considérer qu’un vol de téléphone portable dans la rue n’est pas une agression parce qu’il n’y a pas de violence physique ! » Pour elle, il faudra en passer par l’augmentation des forces de police. « Dans le but de bien vivre tous ensemble, insiste Marie-Hélène. Cette ville, on l’aime et on veut y rester. Notre démarche est citoyenne, on n’est pas raciste ni facho. » En tête de cortège, Sarah Oussékine, présidente de Voix d’Elles Rebelles, et Sénia Boucherrougui, étaient aussi là pour en témoigner.

Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Seine Saint Denis

Saint-Denis : mobilisation générale contre la violence

L’événement

Eric Bureau | 11.06.2005

MANIFS, appels, débats… Depuis deux ans, responsables associatifs, salariés et habitants de Saint-Denis s’élèvent régulièrement contre la violence. Mais jamais la mobilisation de la rue n’avait été aussi forte qu’elle devrait l’être aujourd’hui. Un collectif d’une quinzaine d’associations, de Voix d’Elles-Rebelles à la CGT EDF, des foyers Aftam et Sonacotra au collectif des commerçants et artisans, organise à 15 heures une manif dans le centre-ville sous la bannière Stop à toutes les violences. Victimes ou témoins de vols avec violence ou d’agressions, en particulier dans le centre, autour de la gare et sur la Plaine, ces citoyens interpellent les pouvoirs publics – Etat, conseils général et régional, municipalité – sur leurs « défaillances et carences ». « Depuis notre premier rassemblement, en avril 2004, la parole des victimes s’est libérée », note Sénia Boucherrougui, présidente de l’association pionnière contre la violence à Saint-Denis-Plaine Commune. Dans le tract annonçant la manif, le collectif parle de « situation d’urgence ». Mais si, parmi leurs propositions, les signataires réclament davantege de policiers et une plus grande sanction des délits, ils parlent aussi d’une police nationale de proximité « bien formée, bien encadrée et respectueuse ». « Nous voulons tous que Saint-Denis reste une ville solidaire, accueillante et populaire », disent-ils. « Situation d’urgence » Pierre Ivorra, qui a lancé il y a un mois « l’appel du centre-ville contre les violences », sera dans le cortège. Observant « une accélération des actes de violence » dans son quartier de la place du Caquet, il a été reçu jeudi soir avec une dizaine de voisins par la sous-préfète de Saint-Denis, Joëlle Le Mouel. « Au-delà de nos différences, plus nous serons nombreux pour construire, plus nous avons de chances d’être entendus », dit-il, en précisant que la représentante de l’Etat leur a proposé de créer rapidement un groupe de travail sur les problèmes du centre-ville au sein du CLSPD (conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance). Par contre, l’association la Vie ensemble, pas la loi du plus fort, apparue au début de l’année, boycotte la manif. Dans un tract rédigé avec Ras l’front et des éducatrices de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), elle estime « plus utile de retisser des liens, du dialogue et de la confrontation d’idées que de ressasser les improbables y a qu’à ». Le Parlement des femmes, également signataire du tract, invite les Dyonisiens à se retrouver à midi autour d’un pique-nique « festif et partageux » dans le parc de la Légion-d’Honneur. Départ de la manifestation à 15 heures au début de la rue de la République, sur la place de l’Église-Neuve.

Cet article a été publié dans la rubrique Seine Saint Denis

Saint-Denis

Agression raciste en centre-ville

Guillaume Auda | 24.03.2005

A L’ENTRÉE, passants et clients sont prévenus. « Suite à l’agression raciste, lâche et gratuite dont a été victime le docteur Vidal-Naquet, le cabinet est provisoirement fermé, au moins jusqu’au 29 mars 2005. » Une annonce lapidaire, en forme de cri de colère, placardée sur la porte en lettres rouges sur fond blanc. Le rouge pour le sang tout simplement. Celui qui a coulé après que Nicolas Vidal-Naquet, vétérinaire à Saint-Denis depuis 14 ans, a été violenté par trois gamins sans envergure. Mardi soir, alors qu’il termine son service, le vétérinaire se dirige vers l’entrée de son cabinet, d’où il passe un coup de téléphone. Son regard se pose sur une bande de jeunes postés devant l’immeuble qui fait face. Un adolescent d’à peine 14 ans s’approche, l’air plutôt véhément. « Y a un problème ou quoi ? Pourquoi tu nous mates comme ça ? » lâche le minot. Incompréhension du premier, rengaine du fantoche, l’engrenage est classique : le ton monte et les insultes fusent. Deux autres jeunes s’approchent, plus costauds, et les coups partent. « T’as qu’à pas nous regarder comme ça, espèce de sale Blanc », assène l’un des agresseurs à sa victime. De l’autre côté de la rue, la bande se « marre ». « Espèce de sale Blanc » Le vétérinaire, lui, plie sous la violence et tombe à terre. « Par chance, la porte s’est refermée derrière moi. Autrement j’aurai été massacré », raconte l’homme, le visage tuméfié. Résultat, contusion de la mâchoire et des cervicales, une dent cassée, pratiquement une nuit à l’hôpital et cinq jours d’ITT. Nicolas Vidal-Naquet enrage. Lui, ce petit-fils de déportés, neveu également du grand historien Pierre Vidal-Naquet, celui-là même qui dénonça en son temps la torture en Algérie. « Etre traité de sale Blanc est une insulte immonde, terrifiante, un acte totalement gratuit. Je ne comprends pas… » L’homme a fini par porter plainte. Hier soir, rue Jean-Jaurès, le malaise était profond. Vers 19 heures, une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant le cabinet du vétérinaire. Parmi eux, des représentants de l’Association contre la violence à Saint-Denis. Pour
Senia Boucherrougui, sa présidente, « cet acte odieux appelle une réponse ferme. Nous refusons tous les racismes, qu’ils soient dirigés contre les Blancs, les Noirs ou les Arabes. Le problème, c’est qu’ici la situation est de plus en plus inquiétante, les gens se replient et se communautarisent. La municipalité doit réagir au plus vite. » Echaudé mais probablement rassuré par les soutiens, dont celui du maire, Didier Paillard, le docteur conclut sobrement : « Je ne suis ni juif, ni catholique, ni blanc, ni noir, je suis simplement Nicolas Vidal-Naquet. »

Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Seine Saint Denis

Une marche pour dire « stop à la violence »

Manifestation

Alain Martin | 22.11.2004

UNE PETITE PLUIE fine et pénétrante commence à tomber samedi sur la ville lorsque, vers 15 h 30, le cortège des manifestants s’ébranle de la place de l’Eglise-Neuve à Saint-Denis. Près de deux cents personnes ont répondu à l’appel de l’Association contre la violence à Saint-Denis – Plaine Commune. Un mouvement qui s’est créé en début d’année pour dénoncer les agressions commises dans la ville, essentiellement contre les femmes et les personnes âgées. « Les gens ont peur. Ils sortent très peu le soir. Avant, les voleurs se contentaient d’arracher un sac à main ou un portable. Maintenant, les agressions sont accompagnées de violence », explique Sénia Boucherrougui, la présidente de cette association « sans parti pris politique et racial ». Les manifestants, qui descendent la rue piétonne bondée derrière une grande banderole frappée du panneau rouge d’interdiction et de l’inscription « stop à la violence », ne sont pas aussi nombreux que les organisateurs l’espéraient mais très déterminés, rabâchant inlassablement des slogans accompagnés de coups de sifflet à roulette. « Nous voulons une ville agréable à vivre , propre et sûre » Les panneaux brandis au-dessus de la foule sont clairs. « Nous voulons une ville agréable à vivre, propre et sûre », réclame l’un. D’autres demandent la création d’une police municipale ou le doublement des effectifs de police sur la ville. Des élus socialistes et de droite, venus à titre personnel, se trouvent dans le cortège. Paule, la cinquantaine bien mise, tient à crier sa colère. Elle a été attaquée en plein jour alors qu’elle retirait de l’argent au distributeur automatique de billets. Son agresseur a tenté de lui arracher son sac à main. Comme elle s’accrochait à la bandoulière, il a tiré jusqu’à ce qu’elle tombe et finisse par le lâcher. « Il a retiré immédiatement de l’argent avec la carte bleue, car il avait vu le numéro par-dessus mon épaule », explique la victime. Quelques jours plus tard, elle apprenait que le voleur avait fait pour 3 200 d’achat dans les magasins avant qu’elle n’ait pu faire opposition. Une expérience douloureuse qui a convaincu cette habitante de quitter Saint-Denis. « En janvier, nous partons nous installer à Caen, alors que je me plaisais ici », précise-t-elle. L’association, qui a déjà été reçue au ministère de l’Intérieur, a l’intention de poursuivre son action, en rencontrant notamment les différents groupes parlementaires « afin que la question de l’insécurité sur Saint-Denis soit portée au niveau de l’Assemblée nationale ».

Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Seine Saint Denis

Publié dans | Pas de Commentaires »

 

Alex Blog |
Notre mariage - Il nostro m... |
CANTERBURY T@LES |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | RogeurNorris
| Blog du niveau intermédiaire
| Gregmontres